«Montrer qu'on ne craint rien» (L'Equipe)

Nous avons demandé à d'anciens internationaux de nous raconter «leur» Irlande - France passé. Seconde partie: Patrick Battiston et Vikash Dhorasoo.

PATRICK BATTISTON
7 février 1989, match amical
Nul 0-0 au Dalymount Park de Dublin

«Il y avait un temps britannique, so british. Beaucoup de vent, de la pluie, un petit stade... L'ambiance était assez classique pour ce type de pays. On sentait le fighting spirit, une équipe prête à pousser de la première à la dernière minute. Dans ce genre de match, il faut montrer qu'on est serein et qu'on ne craint rien. On avait réussi à contenir leur assauts, parfois de manière heureuse.

J'avais déjà vécu quelques Irlande-France, mais sur le banc et dans de plus grands stades. Là, il n'y avait «que» 22 000 spectateurs dans le stade, mais l'ambiance était quand même très chaude. C'est ça le plus dur : supporter le soutien sans faille du public irlandais. D'habitude, les supporters applaudissent plutôt les actions offensives. Là, dès qu'il y avait un joli tacle, un sauvetage ou un joueur qui en rattrapait un autre, tu entendais des encouragements. Psychologiquement, ça peut jouer... Tu sentais qu'en face, tout le monde était concerné. Ce qui compte en Irlande, c'est de tout donner pour le maillot vert. Tu peux commettre quelques erreurs sur le terrain, le public l'acceptera tant que tu fais tout pour te racheter derrière.

De ce que j'ai pu vivre, c'est comme ça que je perçois cette équipe. Ça explique aussi leur présence et leur engagement. Le tout c'est de ne pas rentrer dans leur jeu. Nous, on avait joué assez haut et on s'était procuré quelques situations intéressantes. Pour la première sélection de Laurent Blanc, c'était plutôt pas mal...» - E. T.


VIKASH DHORASOO
5 septembre 2005, qualifications Coupe du monde 2008
Victoire 1-0 à Lansdowne Road, Dublin


«L'ambiance est impressionnante, mais par rapport à un public comme celui de l'Olympiakos, qui te met mal à l'aise, là c'est juste un moment magique. Même quand tu gagnes, tu sens le respect. Bien sûr, tu entends les ''come on guys'' et les mecs pensent qu'ils vont prendre dix centimètres en te regardant droit dans les yeux, mais on a passé l'âge de se laisser impressionner. » (Propos publiés dans L'Equipe, vendredi).

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 04:33

Girard: «20 minutes d'enfer» (L'Equipe)

Nous avons demandé à d'anciens internationaux de nous raconter «leur» Irlande - France passé. Première partie: Georges Bereta et René Girard.

RENE GIRARD
14 octobre 1981, match de qualification à la Coupe du monde
Défaite 2-3 à Lansdowne Road, Dublin


«Ça restera comme un grand moment de ma carrière. Première sélection, titulaire à Lansdowne Road, l'hymne irlandaise reprise par 60 000 spectateurs... Même si on a perdu, c'était fabuleux. Aujourd'hui encore, en y repensant, j'ai la chair de poule. L'ambiance était extraordinaire. On la ressentait vraiment sur le terrain d'autant qu'à l'époque, on voyageait moins bien qu'aujourd'hui. On n'avait pas cette expérience-là.

Ce match, on l'avait perdu à cause de notre fébrilité. Les Irlandais avait joué avec beaucoup d'engagement. Ils nous avaient mis la pression d'entrée et on l'avait payé cash (c.s.c de Mahut dès la 3e minute). Ce qui est emmerdant avec cette équipe, c'est qu'elle joue à domicile ou à l'extérieur, c'est pareil. Elle n'est pas là à attendre où à se recroqueviller derrière.

Son style de jeu est très british. Quand on joue l'Irlande, il faut s'attendre à se faire rentrer dedans. Je me souviens qu'on avait vécu vingt premières minutes d'enfer. Leur pressing était très haut, ils s'engageaient sur tous les ballons et ils donnaient le sentiment d'avoir un mental à toute épreuve.... Pourtant, en principe, c'était un football qui ne nous convenait pas trop mal. On avait la fibre technique pour les mettre en danger...» - E. T.

GEORGES BERETA
15 novembre 1972, match de qualification à la Coupe du monde
Défaite 1-2 au Dalymount Park de Dublin

«Je me souviens d'un match très physique avec des Irlandais particulièrement agressifs. Sur une action, l'un d'eux m'avait projeté sur une barrière. Je m'étais ouvert la main sur des fils barbelés... Ça n'avait franchement pas été une partie de plaisir surtout qu'au final, on avait perdu. Pas un bon souvenir...

Même si on avait été pris physiquement, leur plus grande force avait été leur jeu de tête. C'est toujours le cas aujourd'hui... Maintenant, ce qui m'avait vraiment surpris, c'est la pression que nous avaient mis leurs supporters. Ils n'avaient pas arrêté d'encourager leur équipe tout au long du match. Impressionnant !

Quelque part, cette équipe était à l'image de son public. On sentait qu'elle était poussée pour aller au bout physiquement. J'avais déjà senti ça à Saint-Etienne. C'est une particularité qui faisait vibrer tout le monde. Les adversaires se retrouvaient conditionnés, l'arbitre aussi. Sur le terrain, on était fébriles...» -
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# Posté le jeudi 12 novembre 2009 04:26

Grand quizz Equipe de France

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le jeu se termine vendredi 13 à 20H00.

qui est le plus grand spécialiste de l'Equipe de France ??
Grand quizz Equipe de France

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 08:22

Un journée avec Nicolas Anelka

parce qu'on aime bien le joueur à la fois collectif et décisif individuellement on vous met cette petite vidéo au lieu de 5 minutes de ses plus buts!!

# Posté le mardi 10 novembre 2009 08:26